Tauromachies Universelles-500
Tauromachies Universelles - André Viard

La corrida est violente comme la vie !

" Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vishnou.
" D'autres ne priaient pas mais qu'importe le ciel …….

Certains vont à Lourdes, à Jérusalem ou à la Mecque.
Moi je vais aux arènes adorer le Dieu Toro.

L'apprentissage de la mort:
Pourtant, je fus un enfant de coeur modèle. Je servis la messe de 7h, celle de 11h, les vêpres de 15h pour enfin courir à perdre haleine enfiler mon maillot de footballeur jaune et noir de mon petit village gersois. Tout cela le même jour. Fallait avoir la santé.
Mon Grand-Père veillait à ma santé physique, ma Grand-Mère à ma santé morale en égrenant son chapelet du matin au soir.
Je tenais la soutane du curé Mouton, traversant le village à "hum de cailhaous" (
à faire fumer les cailloux) sautant les "coustouns" (petites côtes), portant les saintes huiles indispensables à l'impétrant pour atteindre le paradis.
Oui, j'en ai vu des agonisants, et aussi des bien morts. Le métier d'enfant de coeur m'a donc permis d'acquérir une excellente formation en philosophie.
Oui j'ai saigné des poulets, décapité des canards, pelé des lapins, égorgé des cochons.
A 10 ans j'assistais à ma première corrida. Dominguin, Ordonez et Ostos à Mont de Marsan. Un choc. Soixante ans après, je m'en souviens comme si c'était hier. Un cadeau de notre voisin charpentier, ancien des brigades internationales.
J'étais vacciné à vie, sans savoir que tout cela était déjà dans mes gênes.
Le combat d'un torero, c'est accepter la mort. La regarder dans les yeux sans trembler, en restant élégant et beau.
Combattre avec dignité, vérité, pour rester en vie afin de glorifier demain un autre toro.
Le toro n'a qu'un objectif, tuer le torero. Il est génétiquement construit pour cela.
Le torero n'a pas d'autre choix que de tuer en respectant des règles ancestrales. Il ne peut reculer sous peine d'être déshonoré.
Le combat a lieu devant des milliers de témoins afin que tous puissent attester que le combat fut loyal.
Bien sûr le torero est plus souvent vainqueur.
Bien sûr l'intelligence de l'homme vaincra toujours la force brute de l'animal.
Mais l'homme est-il l'égal de l'animal ?
Dans un combat entre hommes, il n'est pas certain que l'intelligence triomphe.
Qui connaît la corrida et la noblesse du combat acquiert une philosophie de la vie qui en vaut bien d'autres.
Eh oui, la vie aussi est un combat.
En résumé j'ai vécu la vie d'un petit garçon de la campagne pour qui la mort des animaux comme celle des humains était d'une grande banalité.
J'avais appris que la mort était inéluctable, naturelle, normale et donc qu'il ne me restait plus qu'à bien vivre.
Quand mon Père est mort, on a fait ripaille. Quand mon cousin (en fait un frère) est mort, on a fait ripaille. Quand je mourrai, ils feront ripaille.
Avoir peur de la mort, c'est avoir peur de la vie.
Le toro, c'est mon psychiatre à moi. Là, je fais fort, et pourtant je le pense.
Donc, bien vivre pour bien mourir.
Je ne demande à personne de partager mes goûts et mes désirs, juste d'essayer de comprendre et de respecter.

Fernando Robleno-500Photo © Daniel Castets - REGARDS DU SPORT - Fernando Robleno

Le choc des cultures.
C'était il y a 60 ans. Il s'en passe des choses en 60 ans. L'eau courante, le téléphone, la télévision, le Concorde, la pilule, l'ordinateur, le TGV, le réchauffement climatique et que sais-je encore. J'oubliais la mini jupe. A bien y regarder, c'est elle qui m'a le plus marqué.
C'est là que je suis "monté à Paris". Il y en avait partout.
Le choc. J'ai failli en crever. Je suis passé d'une "cabane au fond des bois" au foyer des jeunes travailleurs de Sarcelles. J'aurais atterri chez les esquimaux que cela n'aurait pas été pire.
Quand je disais bonjour aux gens, je n'avais en réponse qu'un regard étonné et ahuri. Quand je leur parlais corrida, on me répondait assassin. Quand je leur parlais chasse, j'étais un archaïque, doublé d'un alcoolique. Moi qui ai bu ma première goutte de vin à 40 ans. J'ai comblé le retard.
Ce que j'essaye de dire, c'est que la culture d'un gamin du Gers ne peut être la même que celle d'un gamin de Sarcelles pour qui les poulets n'ont pas de plumes, les lapins n'ont pas de poils et les poissons sont carrés. Comment peut-il comprendre mes désirs ?
Il est vrai que les racines ne traversent pas le béton.
Si je parle de religion et du curé Mouton, qui prenait sa cuite tous les Mardis soir avec mon Grand-Père, secrétaire du Parti Communiste du village; c'est parce que la tauromachie est pour moi comme une religion, une psychanalyse. Après tout, en confession, le curé n'est rien d'autre qu'un psychiatre. Une religion qui a été férocement combattue par la Sainte Eglise Catholique Apostolique et Romaine.
Je sais, ce n'est pas ce que l'on nous a enseigné à l'école et dit à la télé.
On nous raconté à l'école que les premiers vrais croyants furent les juifs, puis les chrétiens et enfin les musulmans.
- Et avant ?
- Quoi avant !
- Ils croyaient en quoi avant, les hommes, pendant les millions d'années qui ont précédé ces deux millénaires ?
- Ben avant c'était du n'importe quoi. Ces ignares adoraient des statues. Et pas qu'une seule. Plusieurs statues à la fois, dont une particulièrement appréciée. Celle du toro.
Oui oui, des païens qui croyaient en plusieurs dieux. Un grand nombre représentait des hommes, des femmes, des animaux, qui avaient des cornes de toro sur la tête.
Le Judaïsme naquit lorsque Abraham brisa à coup de marteau les statues vénérées par son père Terach.
Plusieurs papes interdirent en vain les jeux taurins car ils concurrençaient la messe du Dimanche. Les paysans devaient être soumis à un seul Dieu et donc à une seule idéologie. Pas question de laisser revenir la Paganisme. Pas question de leur laisser le choix d'adorer "
qui on veut quand on veut et comme on veut ".
Ce qui n'empêche pas le curé de mon village d'user sa soutane sur les gradins des arènes.

Manuel Escribano-500
Photo © Daniel Castets - REGARDS DU SPORT - Manuel Escribano.


Un superbe documentaire que vous n'avez jamais vu à la télévision.
Si vous êtes aficionado vous verrez dans ce documentaire l'arme absolue qui vous aidera à défendre notre culture qui vient du fond des âges.
Si vous êtes contre la corrida, après avoir vu ce film, vous saurez pourquoi il y en a qui l'aiment et pourquoi vous ne l'aimez pas.
Pour aimer ou détester il faut savoir de quoi l'on parle et ne pas se contenter de la télévision pour faire son jugement.
Pour moi, ce documentaire est un grand moment d'histoire, de philosophie et d'art.
Surtout, allez jusqu'au bout des 70 mn. André Viard (le réalisateur) que vous n'avez jamais vu à la télévision (il est trop bon) a fait un travail colossal et surtout un magnifique travail.
Chaque mot est pesé. La musique est superbe. Les images ……
Il faudra regarder cette vidéo plusieurs fois pour bien la voir.
Je sais, je me répète, mais nous sommes conditionnés par la télévision à regarder sans voir, à avaler sans goutter, à accepter sans comprendre.

70 minutes magnifiques
ici

Ami aficionado, tu dois avoir ce documentaire sur ta clé USB pour le faire partager à tous ceux qui cherchent à savoir avant de juger.
Ami anti-corrida, tu devrais aller aux arènes une fois pour comprendre pourquoi tu as peur de mourir.

PS: Le 14 Aout je serai aux arènes de Roquefort.
;-)